Eleanore
Cette douce mélodie qui régnait dans la pièce me faisait penser aux berceuses que ma mère sifflotait quand elle préparait un bon repas. Elle me manquait cruellement, ma chère maman. Contrairement à la plupart des gens, j'avais eu une enfance tendre et chérie, de magnifiques parents qui s'aimaient plus que tout. Cependant, lors d'une cérémonie arrosée, mon père eut un accident mortel en rentrant chez nous. On apprit plus tard qu'il avait littéralement liquidé une demi-bouteille de Vodka mais que ses amis l'avaient laissé prendre le volant.
Tant pis, m'étais dis-je en apprenant sa mort, je n'avais, a cette époque la, aucune idée de ce que la mort pouvais représenter. Aussi, je ne vis pas ma mère tomber peu à peu dans une dépression. Dès lors, ma vie avait pris un changement radical. Celui d'enfant comblée et gâtée à celui de grande s½ur qui s'occupe de la maison en l'absence de ses parents. Heureusement, trois ans après l'accident, ma mère revint dans une santé normale, ce qui me soulagea vivement. Ma vie n'était pas redevenue rose et belle mais ma tâche d'était considérablement atténuée et cela m'avait enlevé un énorme poids de mes épaules. Mes liens avec ma mère ne s'étaient pas tellement améliorés non plus mais ça me suffisait. Ma vie était normale, sans grandes joies ni grandes peines, mais atrocement fade. Cela ne m'était pas indifférent mais je me contentais de le dissimuler, si quelqu'un voulait réellement me sortir de cet ennui, qu'il le fasse ! C'est ainsi que j'appris à identifier un signe du destin. Et un jour d'hiver, les signes que j'avais reconnu m'avaient donné rendez-vous dans un bois pas très loin de mon village. C'est ainsi que lorsque j'ai compris que cela allait changer ma vie que je me suis mise à courir. Peu importe le nombre de mètres, de kilomètres à parcourir. J'irais là-bas et je verrais par moi-même.
La mélodie envahissait ma tête et semblait vouloir me rendre folle. Elle venait me rappeler maintenant les souvenirs les plus durs de ma vie. Le moment le plus horrible de ma vie.
Le massacre de ma mère.
J'avais beau dire à tout le monde que j'avais fait mon deuil, une éternelle amertume envers son assassin m'habitait. Ce tueur, Oscar. Ce traître avait séduit ma mère et endormis mes méfiance a coup de 'gentille Eléanore' et avec ses tendances ' Papa gâteaux ' . Il était resté plus de 14 heures aux côtés de ma mère et elle en avait payé le prix. Celui que nombreuse personnes mal averties avait dû payer. Le système d'auto-défense des Eteints. Puis il a déguisé ce crime en accident, enfin il l'avait déguisé pour moi et Roméo. Mais Lucien n'était pas dupe, il connaissait ce stratagème et c'est lui qui m'a démontré que ce soi-disant accident n'était qu'une ruse. Car le système pouvait être arrêté temporairement, si on le voulait, bien sûr. Et à l'évidence, Oscar n'avait aucune envie de le stopper.
J'ouvrais les yeux pour la première fois depuis des heures. La pièce était toujours aussi sombre et glacée, seulement une lumière lézardée fendait l'obscurité tel un ruban de velours dans l'air, venait sur mon visage.
« - Qui est là ? Chuchotais-je à l'attention de la lumière.
- Votre serviteur Damoiselle, c'est Lucien de Vespagnicci. Il vient vous secourir, et fuir. »
Bien sûr, le pouvoir de contrôler la lumière était fait pour Lucien. Puisqu'il était tout simplement éblouissant. Il me tendit une corde que j'attrapais avec adresse, puis j'escaladais la paroi froide et lisse de ma cellule. Apparemment, ce ruban de lumière n'était autre que celle de Lucien, j'aurais dû m'en douter. Puisque nos pouvoirs reflètent notre âme et que nous avons tous un pouvoir propre à nous-mêmes, la lumière ne pouvait être que pour Lucien. Cependant rare sont les anciens qui font la démonstration de leur pouvoir en publique. Il était un guide pour tous les nouveaux éteints. Qu'est ce qu'un éteint ? C'est un mort... plus ou moins vivant. C'est nous quoi ! Certains nous appellent Campé mais je trouve Eteint plus poétique ! Enfin bon, Lucien était plus qu'un guide pour moi, c'était un ami.
Une fois la paroi escaladée, Lucien me porta une grande partie du chemin.
« Nous ne sentons pas la douleur mais cela ne veux point dire que nous n'avons aucun mal ! » avait dit Lucien. Oui certes je ne croyais pas avoir mal mais après m'être écroulée une demi-douzaine de fois, je cédais.
« - Tu as dit qu'ils allaient tout découvrir... mais au fond, est-ce que c'est réellement grave ? Enfin je veux dire peut être que les humains pourront nous accepter finalement. J'en ai marre de me cacher ainsi Lucien ! Lucien ?
- Tiens-tu vraiment à la vie de Romain ? »
Cette question me désarçonna. Non pas qu'on ne me l'avait jamais posé, plutôt que c'était étrange venant de Lucien.
« - Bien sûr, quelle question ! J'y tiens plus qu'à la mienne et tu le sais.
- Eh bien s'il advenait que les humains apprennent notre cher et précieux secret, nous mourrons.
- Pardon ? Mais... Je croyais qu'il était impossible de tuer un Eteint !
- Extrêmement compliqué et encore plus difficile. Mais possible, Demoiselle Eléanore.
- Comment ?
- Plus tard, plus tard. Dormez ! »
Sur ce, je sombrais dans un profond sommeil qui me sembla durer des heures. Pourtant lorsque je repris conscience, il était toujours nuit et je me tenais dans les bras de Roméo. Je les aurais reconnus entre mille. Ils étaient délicats mais dur comme de la roche. Pas que sa peau était très solide, juste qu'il s'entrainait beaucoup.
« Si je suis incapable de te protéger, je ne suis en rien digne de toi. » avait-il sortit comme excuse pour pratiquer n sports de combats.
Combat.
Cela m'évoquait des souvenirs lointains, des souvenirs vivants. On y voyait ma mère se faire déchiqueter en lambeaux par les griffes acérées d'un monstre hideux. Je pleurais. Dors et n'avant je ne pouvais plus rien faire pour elle. Il l'avait tuée en moins d'une seconde et je n'avais pas pu réagir. Je pleurais toujours. Maman !
Je me redressais brusquement, ce qui me fit pousser un horrible cri ! Pourtant je ne sentais aucune douleur. Je compris alors que ce n'était pas mon cri mais celui d'autres humains qui étaient par là. Qu'elle indiscrétion ils avaient ses humains ! Je jetai un bref coup d'½il aux alentours mais ne discernai rien de dangereux. Cependant l'inquiétude qui était peinte sur les traits de Romain me dit le contraire. Il y avait un danger.
« - Qu'y a-t-il ?
- Tu as faillit mourir, El, a cause de moi. Tu as failli mourir...
- C'est impossible, Roméo, je vais bien ! Raconte moi ce qui c'est passé plutôt. »
Ma demande provoqua un silence troublant. N'avais-je pas le droit de savoir ce qui m'était arrivé ? Romain détourna son regard avec une figure tellement douloureuse que je déglutis. Avais-je fais quelque chose de mal ? Moi ? Roméo ? Je n'arrivais pas à comprendre. Aurais-je tué quelqu'un ? Non, je refusais d'y croire évidemment mais... et si...
« - Combien de temps suis-je restée inconsciente ?! dis-je sur un ton brusquement agressif.
- 32 heures exactement, répondis Roméo, et crois moi, ça a été dur ! Lucien a déboulé chez moi et tu étais déjà inconsciente. On t'a transporté dans ma chambre et euh on a pratiqué tous les soins que Lucien a trouvé pour te ranimer. Néanmoins comme c'était compliqué avec le système d'auto-défense, tu as... fait quelques dégâts dans la maison et tu as blessé plusieurs passants. Mais tout va bien, tu es saine et sauve. »
- ' Saine et sauve ' ?! Et les gens que j'ai blessé, ils vont bien, comment pourrais-je être saine et sauve si j'ai tué quelqu'un, hein ?! M'emportais-je, promet-moi que tu les as soignés, même si c'était des monstres, ils n'ont pas le droit de finir leur vie a cause de moi. Tout ce que je veux c'est qu'ils n'aient aucun souvenir de ce qui...
- STOP ! Arrêtez de vous quereller les amoureux. Nous approchons du village dont je t'ai parlé Roméo, évitez de vous faire remarquer. Nous ordonna Lucien. Aves un peu de chance nous trouverons Harmonie, elle devrait pouvoir nous permettre d'effacer leur mémoire à ceux qui sont blessé. Ne t'inquiète plus, EL, dans quelques minutes, personne ne se souviendra de rien.
Lucien descendis de la diligence en premier. J'avais été tellement occupée par Romain que je n'avais même pas remarqué que nous étions a bord d'une calèche. A dire vrai, je n'avais même pas cherché à savoir où nous étions. Roméo m'aida à descendre, puis nous suivîmes Lucien jusqu'une sorte de résidence, une grande maison au milieu de tant d'autre du même style. Lucien de se fit pas prier et entra, comme si cette maison lui appartenait.
Cependant, l'intérieur de la maison semblait d'un tout autre univers. Les meubles, l'ambiance semblaient ancienne et tout autant moderne. C'était tellement. Enfin bon, c'était un décor du 18eme siècle, mais pourtant tout avait l'air si moderne et nouveau, tout n'était qu'éternel contraste. Une fille apparue soudainement à mes côtés. Cela ne me surprit pas, c'était son physique qui m'arracha un cri de stupeur. Elle était, non pas laide ou horrible, plutôt, elle semblait de pierre. Une statue figée dans l'adolescence. Magnifique statue de plusieurs millier d'années.
« - Bonjour, Harmonie, salua Lucien, Comment te portes-tu depuis la dernière fois que je t'ai vu ?
- Bien le bonjour à toi Lucien, quand à moi, je vais parfaitement bien depuis ces 37 dernières années. Pour quoi viens-tu me déranger cette fois ? Vol à main armée ? Meurtre ? Tu n'as agressé personne, n'est-ce pas ?
- Oui, laisse moi d'abord te présenter Roméo et Eléanore. Ils sont jeunes, ne les blâmes pas, veux-tu ?
- Bien sûr ! Je ne suis pas une sauvage voyons. Enchanté, Je me nomme Harmonie Del Arta Conpaniquo. Tu dois être la jeune demoiselle arrêtée pour Homicide cet après-midi... Ou bien c'est simplement un humain qui a découvert quels monstres nous sommes. Lança-t-elle tout en continuant de fixer Lucien, je suppose que vous êtes ici pour une effaction de groupe... Lucien, cela va te coûter assez cher cette fois, j'ai du scrupule à effacer la mémoire et les dossiers de la police. Cela pourrais les induire en erreur si jamais ils recherchent Eléanore une autre fois... 143 999 999.50$, cela te convient-il ? Si tu veux je peux également te proposer un marcher, nous sommes tous ici à cour de fleur de saule Sifflage. Si tu m'en apporte dans 5 nouvelles-lunes, je t'offre ce service. Et n'essaie pas d'en acheter, je verrai la différence, charlatans !
- Voyons, Harmonie ! Je n'oserais pas, jamais. Je ne connais pas tout ton savoir, seulement je ne suis pas non plus stupide !
Je suivais leur échange, estomaquée de la façon dont Lucien agressait presque cette magnifique jeune femme au teint poudré. J'enlaçais mes doigts autour de la main de Romain. Je ne me sentais pas très bien. Des spasmes me prenaient, comme si l'évocation d'une quelconque violence me répugnait. ' Monstre '. Pourquoi un tel mot existait, une telle notion. Cela me dégoutait littéralement. Tandis que, plongée dans mes pensées, je cherchais une raison a notre existence, Lucien continuait de marchander avec la belle qui semblait d'albâtre. Je n'écoutais plus rien, seul me parvenait les murmures de Roméo dont la tête était enfouie au creux de mon cou. Apparemment, notre guide et Harmonie avait trouvé un accord car il se leva et vint vers moi à grands pas, puis me colla son visage béat devant les yeux. Lucien était collant quand il le voulait, cependant cela de devait certainement pas déranger certaines personnes. Oui, Lucien était de loin l'un des plus beaux hommes de l'univers. Ses cheveux sablés contrastaient avec sa peau bronzée. Son sourire affichait des dents étincelantes, ses yeux d'un noir profond pouvait faire succomber n'importe quelle vivante (Technique prouvée !).
« - Et si je te disais que toutes les personnes que tu as blessés et que Romain à soigner pouvais oublier tout ce que tu as fait ? Si toutes traces de ton passage a St-pathus pouvait être effacée, qu'en dirais-tu, me questionna l'Homme au sourire béat qui se tenait devant moi, Hum, Eléanore ?
- Ecoute Lucien, bien sûr que j'en serais ravie, seulement je n'ai aucunement envie de leur arracher de précieux souvenir car...
- Ne t'inquiète dont pas pour ces humains stupide ! Claqua une voix de braise qui m'était inconnue, Les humains ne méritent pas qu'une personne aussi importante que toi se fasse du souci pour eux, laisse-les dans leur mer** habituelle et vis une vie normale. Par contre si tu ne veux pas avoir les flics derrière toi, accepte l'offre de ton ami. Une effaction n'efface que les souvenirs de la victime qui sont voulu. Autrement dit, tant qu'Harmonie reste concentrée sur toi, aucun souvenir étranger à notre race ne sera touché. C'est le principe de l'Effaction.
Je me tournais rapidement pour localiser la source de cette voix ardente. Elle était tout bonnement sublime. Ses cheveux d'un rouge flamboyant étaient assortis à sa robe pourpre et orange, ce qui mettait en valeur sa peau légèrement pâle. Cependant elle était d'une maigreur atroce. Je me serais dit qu'elle était anorexique si ça avait été une humaine. Cependant les Campée de subissent pas la maladie, qu'elle soit mentale ou physique. Ce devait donc être
voulu. Ses yeux étaient violets ce qui harmonisait le tout. Oui, elle était le symbole de la perfection. La perfection d'un où d'une Eteint(e) a une signification particulière. Plus le ou la non-vivante était spéciale, plus le don était extraordinaire, Roméo par exemple possédait presque le don de nous rendre notre liberté. Mais quel éternel voudrait mourir ? Aucun, bien évidemment. Mais vu l'aspect physique de cette femme, son don devait être très particulier. J'avais remarqué que tous avaient des dons, mais peu étaient utile. Le mien l'était et était également beaucoup convoité, mais celui de Romain l'était tout autant. Dès lors qu'un damné venait à s'approcher tout près d'une flamme, il perdait quelque chose de précieux. Le feu ne peut pas tuer un Eteint, cependant, il peut aisément lui amputer un membre. Il suffit d'une toute, toute petite flamme et Oups ! Plus de bras gauche ! Et après on va voir le gentil Romain Salyn qui sait tout réparer. Mon homme était l'un des plus demandé du monde, ainsi qu'un des plus courtisés par la même occasion. Quand a moi, eh bien je ne manquais pas de succès auprès des Eteints également. Nombreux sont ceux qui sont venu à moi pour réaliser leurs rêves les plus fous et osés. Nombreux ? Eh bien ces derniers jours, plus d'une cinquantaine de personnes sont venus me voir. Nous sommes de plus en plus nombreux avec le temps, mais grâce à moi, ceux qui le souhaitent meurent. Personnellement je trouve cela morbide, mais c'est leur choix après tout...
« - Eh bien petite, tu acceptes oui ou non ? Si tu n'as pas d'avis, la résidence possède des chambres d'amis. Pour peu que cela ne te gêne pas de séjourner avec des criminels riches, nous vous inviterons volontiers. Dis la voix enflammée de la jeune femme, en m'adressant un clin d'½il. Il y a également des chambres pour deux.
- Hun hum, je crois qu'il n'est pas nécessaire de s'attarder ici, si ? Autrement, cela ne me dérangerais en aucun point de dormir ici. Lucien, Romain, qu'en pensez-vous ?
- Je te suivrais partout, bien évidemment, quelque soit ton choix. répondit promptement Roméo
- Quand à moi j'ai quelques affaires à régler dans le périmètre, c'est une affaire de plusieurs jours et si je suis convié à rester, je suis partant.
- Très bien, donc la question ne se pose plus. Si vous soutenez votre offre, nous sommes prêts à séjourner ici quelques jour, 3 ou 4 tout au plus.
- Prenez votre temps ! lança-t-elle.
Sur ce, la femme vêtue de rouge nous indiqua une porte et nous la suivirent à la visite de cet immense château. La main de Roméo toujours dans la mienne, je serrais ses doigts en signe de confiance envers cette femme. Puis, nous nous enfonçâmes dans les tréfonds de l'immense habitation.
PS : Il est possible qu'il y ai des fautes ou des problèmes d'orthographes ou de grammaire, dans ce cas veuillez m'en informer par un commentaire. Ou sinon mettez autant de commentaire que vous voulez à propos de si vous avez aimé ou pas ^^